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Il y eut… ces racines au ciel,

 

… il était là, le marronnier,  retour inopiné du ciel aux teintes bleutées, bon, ça vous fait sortir des ambiances parfois rances, celles des livres amoncelés ici ou là, bien étalés sur toute la longueur rayons, ou encore ça vous ravi aux  terrasses qui maintenant s’ouvrent aux trottoirs permettant à l’humble fumeur de ressortir ses feuilles et son tabac (la terrasse où j’opère habituellement, 19éme arrondissement, harcelée tout l’hiver par la police municipale n’y permettait aucune bouffée tabagique)…

… mais aujourd’hui, non, adieu épreuves du premier livre à venir, non, aujourd’hui, pas de lecture, ou si peu, aujourd’hui, rien ! se prélasser et voir les heures dépérir c’est déjà bien,

… et d’un coup comme ça, se dire que les arbres ils ont quand même pas beaucoup d’imagination, d’en haut et d’en bas ils se ressemblent vachement quand même, quoi ? J’ai quoi là devant les yeux, n’est-ce pas là des racines fermement plantées dans la surface bleutée, hein, elle était gâché ma trêve, mon goûter sur l’herbe, moi l’adorateur des végétaux à tronc, j’avais de ces arrières goût, âcre déception,

 

16 Mars

 

 

 

 

 

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Il y eut… ce pavage

… depuis ce travail déniché au hasard des petites annonces, de l’essoufflement des cotisation,  j’avais de ces rythmes nouveaux, jamais expérimentés, veiller, longtemps, de nuit, ce n’était ma première nuit blanche, j’avais toujours tenté, cette amusement, combien tenir, jusqu’à l’endormissement fatal, mais là c’était une partie toute autre, qu’il fallait jouer, m’occuper comme je le pouvais derrière ce comptoir où défilaient de ces histoires,

… le petit matin, 7 heures, ce RER, tout nimbé du B de bleu, sa sonnerie longue et suspendue, qu’entrecoupe, brusque, portes qui claquent, et ce contretemps, oui, tout autour de moi, ces journées, elles naissent et débutent, tandis que la mienne je la portais à son achèvement, par les rames et les travées, ces stations, règne de la somnolence, moi avec, qualité toute autre de manque de sommeil,  profondeur, il me suffisait, me poser sur les sièges au rembourrage allusif, noir, transporté, transposé à 5 stations,

… cette voix ensuite, sa résonance statique, châtelet les halles, éveil, se faufiler molleton des portes automatiques qui happe, léger, vêtements, et marcher par la rumeur du plateau central, entrées multiples des sorties, travaux perpétuels, zones marchandes qui champignonne, aucun espace neutre, pas de service à délivrer au public, juste du cash, de ces lecteurs électroniques, leurs bips goulues, à codes,

… et par les murs, quoi? pavage nouveau, rectangles empilés, pansus, leurs reflets argent, gris étrange, carrelage de verres qu’annonçaient toutes fières les plaques bleues arrondies, bulles que susurrent les murs,mais impavides, muets les murs quant à l’avènement de leur peau nouvelle, oui, comment le nom encrassé à jamais, Lénoard De …, par cette société, son chiffre d’affaires 17 milliards, et aux Halles, tout autour de Châtelets, à elle on a confié, cette rénovation, incapable de payer ces ouvriers et de les imaginer alors ces gars (femmes pourquoi pas?), travail, les assembler, ces murs, ciment, gratter, plaquer, vérifier l’agencement, et pourquoi? ne travailler qu’avec cette idée, quoi ? chèque/virement fin de mois, de quoi bouffer, de quoi tenir au mois prochain, mais non, mais l’on marche ici  ou là, invariablement, ce mouvement, marche et descend, cours et monte, ce train qu’il ne faut manquer, quitte à rater l’essentiel,

18 Février 2017

 

 

 

Ahmed Slama, Angoisse, Atmosphère, Journal banal, manifestation, police, populaire, violence, violence sociale

Il y eut… ce premier jet

… cette loupiote muette, Barbés Rochechouart, sur la grappe de stations, ligne 2, pris depuis Place de Clichy, défilement des stations, signaux sonores et puis souffles des portes, rame bondée, naviguer parmi les corps, calcul permanent, comment se retrouver au plus après de la sortie au moment de la station fatidique,

… contre tous, contre la foule, Anvers, se glissement, se faufiler, appuyer, nerveusement sur la plaque, au sol, commande des deux pans enfer qui basculent, entrée de saloon, marches, pied après l’autre, et  déjà, quoi ? de ces silhouettes qui s’esquissent, armes saillantes,

… avenue, ces fourgons partout, blocage, imminent, ils sont en, partout, rangés casqués, et puis cette place centrale, carrefour, rythmes percussions, ça monte, cette tension, et comme si l’on attendait la fin de ce crépuscule, ombre, progressive, lumière ici ou là, désormais artificielle, et du côté du louxor cinéma, étroitesse de la demi-avenue coupée par le métro qui, aérien, glisse, ronronne, bon, on s’est engagé, quelques poubelles enflammées et puis… des jets, quoi ? des fumées, partout, qui happe les poumons, mon pacifisme relatif, depuis ce gaz, ces quelques larmes, les explosions environnantes, avalé, premier jet de pierre… premier d’une longue série, à venir…

16 février 2017

Angoisse, Atmosphère, naïveté, police, populaire, violence, violence sociale

il y eut… cette naïveté 

… ces fatigues, ces douleurs, emploi nouveau quêter de quoi vivre, j’avais opté pour ces travaux de nuits, libérer mes jours pour des buts autres, quoi ? et puis de ces incidents, concéquents que l’on aimerait reléguer au fait simple, au fait divers, à la série noire, pourtant quoi ?

… celui-ci était trop… non pas de trop, pour les classes les plus dominées, jamais rien n’est de trop, trop humble qu’elles sont, elles à qui l’on appris la soumission, cette école d’abord, la loi, les lois respecter, qu’il y a de ces institutions, qu’elles sont enveloppées d’une éthique dénuée de tout ancrage, d’une éthique pure, le leurre, ce mirage, voile entretenu, il y a cette historicité ingorée de la police, ce fun sécuritaire, on se gausse, on se marre, tous ces flux, écrits, vidéos qui dressent de ces portraits, justiciers droits, et l’on s’y prend, et l’on s’y perd, un matin, pas vrai Sabah ?

                                                                                                  février 2017

Ahmed Slama, Amiens, Atmosphère, bouquiniste, errance, Journal banal, livre, mémoire, roman, Université

Il y eut… cette couverture

Il y eut ces rues qui lentement, soir, s’emplissait, flux banal, quotidien, du Paris, pas encore endormi, lampadaires,tracés lumineux, rondeurs aux trottoirs où s’esquissaient encore, toujours ces pas, continus, quelques gens, entremêlaient leurs bras,

… moi qui, par ces rues, lumières d’échoppes, restaurants à fritures, chaînes aux exécrables nourritures, ces m arrondis jaune lumineusement pisseux sur plaque verdâtre, et puis, un étal, un de ces étals à livres, rangés droits, y passer ses doigt, glacis de bleu, ce froid, subreptices, titres qui défilent et il y eut… oui,

… lui, quoi ?

… cet auteur, parmi la pile horizontale, connu, non par ses phrases, cours plutôt, dispensés, ce titre, agencement singulier, foot-poétique,  mes années Sommes-aires amiénoises, j’y avais erré, faculté, Jules Vernes, sa tombe, main qui progressive s’arrachait, de la terre, ces cours, info-comm’, comme on dit, aujourd’hui, il avait cette phrase, dans communiquer, il y a niquer, oui, je les ai connus depuis les affres iniques communicationnels, oui, une couverture, un nom, et tout un moi, autre, qui refluait, dont rien ou presque ne subsiste, juste quelques prises,

Ahmed Slama, Appartement, Atmosphère, Journal banal, Juillet, mémoire, souvenir

Il y eut… cette reprise

Il y eut ce code d’abord, en bas, souvenir vague de la combinaison. Mémoire réflexe. Non pas les chiffres, les lettres à composer, mais ce mouvement de la main. Ce tracé. Le bouton, coin supérieur, ; inférieur. Grésillement familier, oublié, nappé par ce pan temporel.

Il y eut ces marches ensuite, leur hauteur, leur largeur, brumeuses en mémoire, elles s’épaissirent, progressives, ascension. Cette hésitation aux premières, avant que la mécanique charnelle ne reprenne ; rythmique gestuelle.

Il y eut cette serrure, aussi, l’angle, glisser la clé, cliquetis, tentatives vaines, et toujours ce ressouvenir des membres, des sensations, d’agir, cliquetis ; ouverture, cet appartement sous le crayon, hasardeux de la pénombre, formes vagues conformes aux représentions, lointaines, et sous l’émoulage de la lueur, interrupteurs claqués, surgissement de ces nuances oubliées, fêlure d’un carreau, blanc, salle de bain ; on est chez soi…

 

27 Juillet 2016

Ahmed Slama

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Il y eut… ce voyage

Il y eut cet éveil, précipitation brumeuse. Froid de juillet, celui d’un soleil encore absent. Attente, parking attenant, cette rencontre. Puis la route que déroulait la gomme striée. Autoroute du soleil, son bitume qui s’échauffait jusqu’à la pente, là-bas, mer. Marseille.

Il y eut ces terrasses, leurs serveurs indolents aux langueurs déférentes, l’absence de wifi, de son code quelques fois. Il s’agissait d’en user, quête de ces bestioles mercantiles ; vapeurs, violettes, qui se matérialisèrent, boule obscure, rongée de sclérotique. Spectre de mes turpitudes paperassiéres ?

Il y eut cette plage. Je les y attendais. Pas d’ondes numériques. Seule la brise sablonneuse. Elles vinrent et s’assirent devant, voiture. Ces sœurs. Quelques palabres précautionneuses. Je dormis sans rêve jusqu’au parking premier ; elles ? poursuivirent, moi ? je rentrai, ville des papes ; train Paris.

27 Juillet 2016

Ahmed Slama