Ahmed Slama, arbre, Atmosphère, errance, Non classé, orance, premier livre, repos, travail, trêve

Il y eut… ces racines au ciel,

 

… il était là, le marronnier,  retour inopiné du ciel aux teintes bleutées, bon, ça vous fait sortir des ambiances parfois rances, celles des livres amoncelés ici ou là, bien étalés sur toute la longueur rayons, ou encore ça vous ravi aux  terrasses qui maintenant s’ouvrent aux trottoirs permettant à l’humble fumeur de ressortir ses feuilles et son tabac (la terrasse où j’opère habituellement, 19éme arrondissement, harcelée tout l’hiver par la police municipale n’y permettait aucune bouffée tabagique)…

… mais aujourd’hui, non, adieu épreuves du premier livre à venir, non, aujourd’hui, pas de lecture, ou si peu, aujourd’hui, rien ! se prélasser et voir les heures dépérir c’est déjà bien,

… et d’un coup comme ça, se dire que les arbres ils ont quand même pas beaucoup d’imagination, d’en haut et d’en bas ils se ressemblent vachement quand même, quoi ? J’ai quoi là devant les yeux, n’est-ce pas là des racines fermement plantées dans la surface bleutée, hein, elle était gâché ma trêve, mon goûter sur l’herbe, moi l’adorateur des végétaux à tronc, j’avais de ces arrières goût, âcre déception,

 

16 Mars

 

 

 

 

 

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Non classé

Il y eut… ce fun sécuritaire

… silence  bibliothèque, ce travail continu, pages froissées, successivement tournées, en extraire la substance, de ces citations qui, non pas résument mais esquissent l’agencement d’un système,

… l’attention qui, progressive, s’atténuait, déchiffrement ralenti, report des notes puisées alourdi, fin d’une journée, tout quitter, tout laisser là, table de bibliothèque…

… ce chemin, chaque jour tracé, combinaison de transports en communs, leurs numéros, 170, 13, parfois agrémentés d’un D vert ou d’un B bleue,

… et puis couloir âcre, ce métro, carrelage immaculé de salle de bain, de ces hammams,  enfance algérienne, affichés ces placards, double propagande banale, entremêlées, divertissement et sécurité, ce n’était pas la première de ces affiches, entrevue, mais avant toujours elles reproduisaient un réel d’ailleurs, ici, il y avait ces quatre lettres, association singulière, ces visages également, vedettes populaires, il était là, le fun sécuritaire,

 

24 Janvier 2017

Ahmed Slama, Journal banal, Juillet, Non classé, Sud, train, voyage

Il y eut… ce mouvement

Il y eut ce train, ces trains plutôt. Trois. Gare, billet présenter. Quérir sa place, la 880. Voiture, 18, ces sièges débordés, des mains, des jambes, des enfants ; leurs cris. Tâter mon sac, mes poches en quête du rectangle plastique, cette boîte,  étui à pilules, moussues, de silence ; les vriller ces bouchons d’oreilles et les glisser, délicat dans le geste. Atmosphère sonore tamisée, résurgence de ces sons, ces bruits, imperceptibles. Impacts des os, ceux de mes doigts,  clavier. Ceux du talon, aussi, au moindre pas.

Il y eut cette vitesse, progressive, défilement, mouvance du paysage qui happe, déroule ces fils dont on suit le cheminement statique, hypnotique, à chaque jonction, entremêlement de lignes, fluide,  elles s’embrassent, puis ces stops, brusques, itératifs, pylônes où les lignes, plus ou moins tendues, sillons gravés au ciel, reprennent,  sursaut oculaire, dans l’encadrement du hublot ferroviaire.

27 Juillet 2016

Ahmed Slama

Ahmed Slama, Journal banal, Juillet, Non classé, Numérique, Prothèses, Sud

Il y eut… au revoir

Il y eut cette lumière, méridionale, qui tout assombrissait. Une étreinte, à proximité des remparts. Salut du ballet voiturier. L’œillade appuyée sur ses seins,  que diaprait le tissu sombre, diaphane, les graver, ces deux monts, leurs formes, ce grain de beauté, surtout, posé.

Il y eut des promesses. Voix embrumées ; humeurs désolées. L’absence, cette absence réciproque, on la comblerait, prothèses numériques ; communications web, courriels et messageries instantanées. Vivre par ces yeux ; écrans vitreux, par ces sons ; grésillements de haut-parleurs. On s’en contenterait, quoi de mieux ?

27 Juillet 2016

Ahmed Slama